Est de la RDC : L’Union européenne exige une enquête sur le massacre de 319 civils à Rutshuru
L’Union européenne demande une enquête indépendante sur le massacre de 319 civils à Rutshuru, Nord-Kivu, attribué au M23 et à l’armée rwandaise. Violences, viols, déplacements forcés… Un drame humanitaire au cœur du conflit en RDC.
Rutshuru, Nord-Kivu – L’Union européenne (UE) a exprimé sa profonde indignation après le massacre de 319 civils dans le territoire de Rutshuru, à l’Est de la République démocratique du Congo, attribué à l’Alliance des Forces du Changement (AFC/M23) et à l’armée rwandaise. Dans un communiqué, l’UE exige que « toute la lumière soit faite » sur ces atrocités et que les auteurs soient traduits en justice.
? À retenir
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319 civils tués, dont des enfants
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125 cas de viols documentés
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Recrutements forcés, tortures et pillages
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Crimes attribués à l’AFC/M23 et à l’armée rwandaise
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L’UE demande un accès immédiat des enquêteurs aux zones occupées
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Massacre survenu malgré le cessez-le-feu signé à Washington et Doha
L’UE demande un accès aux zones occupées
L’UE insiste sur l’importance de rendre les zones sous contrôle des rebelles accessibles aux mécanismes d’enquête indépendants. Elle rappelle que la protection inconditionnelle des populations civiles est un principe intangible du droit international humanitaire.
« Les zones contrôlées par le M23 doivent être accessibles aux mécanismes d’enquête et la protection inconditionnelle des civils est primordiale », indique le communiqué publié sur X.
Un massacre en pleine trêve
Ces tueries interviennent malgré :
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L’Accord de Washington (27 juin 2025)
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La Déclaration de Doha (19 juillet 2025)
Ces textes réaffirmaient pourtant un cessez-le-feu dans le Nord-Kivu.
Le gouvernement congolais parle d’une des pires tueries depuis la résurgence du M23, rappelant « l’horreur du massacre de Kishishe » en 2022.
Des crimes de guerre documentés
Selon Kinshasa et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme :
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319 civils exécutés sommairement
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125 viols, y compris sur mineures
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Recrutements forcés d’enfants
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Tortures sur des élèves
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Incendies de maisons, pillages
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Déplacements forcés de populations
Ces crimes sont attribués à l’AFC/M23, un groupe armé historiquement issu du CNDP, et accusé par Kinshasa d’être soutenu par le Rwanda de Paul Kagame.
Un conflit nourri par les minerais stratégiques
Le territoire de Rutshuru est situé dans une région riche en coltan, or, cassitérite et autres minerais essentiels aux industries mondiales.
Cette richesse attise les convoitises, alimente la contrebande et prolonge le conflit armé.
Une réponse internationale attendue
L’UE appelle la communauté internationale à :
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Garantir l’accès des enquêteurs
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Renforcer la protection des civils
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Relancer les efforts diplomatiques pour un règlement durable
Kinshasa promet de poursuivre les auteurs devant les juridictions nationales et internationales.