Massacres à Beni : le député Julio Makeusa réclame une riposte militaire renforcée contre les ADF
Face à la recrudescence des massacres de civils dans la région de Beni, le député provincial élu de Nyiragongo, Julio Makeusa Kambale, hausse le ton et réclame des mesures militaires plus offensives contre les rebelles des ADF. L'élu estime que les moyens récemment acquis par le gouvernement congolais doivent être immédiatement mis à contribution pour neutraliser les groupes armés qui continuent de semer la terreur dans le Nord-Kivu.
Cette réaction intervient après les récentes attaques meurtrières perpétrées dans le quartier Ngadi, en pleine ville de Beni, ainsi qu'à Mbau, dans le territoire de Beni. Après avoir effectué une descente sur les lieux pour témoigner sa solidarité aux familles endeuillées, Julio Makeusa a dénoncé ce qu'il considère comme une défaillance des services de sécurité.
Selon lui, plusieurs alertes avaient été lancées par la population avant ces incursions sanglantes, mais celles-ci n'auraient pas été prises en compte par les autorités compétentes.
« L'ennemi a opéré alors que les alertes ont été lancées en amont par la population, mais bafouées par les services ayant la sécurité dans leurs attributions », a-t-il regretté.
Condamnant fermement ces nouvelles tueries qui viennent alourdir le bilan déjà dramatique de l'insécurité à Beni depuis plus d'une décennie, le député provincial plaide pour une adaptation de la stratégie militaire face à une guerre qu'il qualifie d'asymétrique. Il appelle notamment au déploiement des drones de surveillance et des avions de chasse afin de cibler les bastions des ADF et de renforcer les opérations des FARDC sur le terrain.
Par ailleurs, Julio Makeusa s'est également montré favorable à une plus grande implication de la population dans les efforts de sécurisation. Il soutient l'idée de la mise en place d'une force de défense locale et estime qu'une distribution encadrée d'armes aux civils pourrait être envisagée pour renforcer l'autodéfense communautaire.
Toutefois, l'élu insiste sur la nécessité d'un encadrement strict de cette initiative. Il préconise une formation militaire accélérée pour les volontaires ainsi qu'un contrôle rigoureux des armes par l'État afin d'éviter les abus et dérives observés dans certaines zones sous l'influence de groupes armés locaux.
Alors que les habitants de Beni continuent de vivre dans la peur et de pleurer leurs proches, les propositions de Julio Makeusa traduisent l'exaspération grandissante de la classe politique face à la persistance de l'insécurité. Elles relancent également le débat sur les stratégies à adopter pour mettre fin aux massacres qui endeuillent la région depuis plusieurs années.
BM