RDC : la famille NANGAA brise le silence et accuse l’ANR de persécutions politiques et d’arrestations arbitraires
La République démocratique du Congo est de nouveau secouée par de lourdes accusations visant l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), soupçonnée de mener des arrestations arbitraires ciblées contre la famille NANGAA, dans un climat que plusieurs observateurs qualifient de dérive autoritaire.
De ce fait, via un communiqué publié le 18 janvier 2026 dans la capitale Française (Paris ), la famille NANGAA affirme être victime d’une répression collective orchestrée par les services de sécurité, qu’elle relie directement à l’engagement politique de Corneille Nangaa Yobeluo et à la création de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) fin 2023.
Didier Ilaani Nangaa, symbole d’une justice piétinée
Au cœur de cette affaire se trouve Didier Ilaani Nangaa, jeune entrepreneur congolais, détenu depuis plus de dix jours dans un cachot de l’ANR à Isiro. Selon ses proches, il est privé de toute garantie légale : pas de mandat d’arrêt, pas d’inculpation formelle, pas de présentation devant un juge. Une détention qualifiée d’illégale et d’arbitraire, en violation de la Constitution et des conventions internationales relatives aux droits humains.
Un entrepreneur au service du développement local
La famille rappelle que Didier Ilaani Nangaa n’est pas un activiste armé, mais un créateur d’emplois engagé dans le minier, l’agrobusiness et le transport. Ses projets emploient de nombreux jeunes du Haut-Uélé et participent à la lutte contre le chômage.
Son arrestation est perçue comme un signal décourageant pour l’initiative privée et pour tous ceux qui misent sur l’entrepreneuriat comme levier de développement.
Le réseau ACE interpelle le Chef de l’État
Face à cette situation, le réseau ACE – Agence Congo Entrepreneur, qui regroupe de jeunes entrepreneurs congolais, a saisi le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’appelant à intervenir personnellement pour faire cesser ce qu’il qualifie d’« injustice flagrante ». Pour le réseau, criminaliser des entrepreneurs revient à saboter l’économie nationale et à freiner l’espoir de toute une génération.
Une répression familiale dénoncée
La famille NANGAA affirme que la situation dépasse largement le cas de Didier Ilaani :plusieurs membres seraient détenus dans des prisons et cachots de l’ANR et de la DEMIAP ;quatre membres ont été condamnés à mort depuis juillet 2024 à l’issue de procès jugés iniques ;des dizaines d’autres ont été contraints à l’exil ;certains vivent sous des restrictions de mouvement assimilées à une assignation à résidence à Isiro. Ces pratiques sont dénoncées comme une punition collective, interdite par le droit international.
Autorités coutumières humiliées
Autre fait marquant : des perquisitions musclées jusque dans la résidence de Papa Nangaa Bambitoyobei Joseph, 86 ans, Grand chef coutumier de la chefferie de Wadimbisa.
Toutefois, Un acte vécu comme une profanation de l’autorité traditionnelle et un affront aux valeurs culturelles locales.
Appel pressant à la communauté internationale
La famille NANGAA, le réseau ACE et leurs soutiens appellent l’Union africaine, les Nations unies et les organisations de défense des droits humains à se saisir de ce dossier. Ils exigent la libération immédiate de Didier Ilaani Nangaa et de tous les membres détenus arbitrairement, la révision des procès ayant conduit aux condamnations à mort, ainsi que le respect effectif de l’État de droit en RDC.
Pour les signataires, « arrêter, emprisonner et condamner à mort des membres d’une même famille, dont des entrepreneurs créateurs d’emplois, constitue une dérive grave qui engage directement la responsabilité des autorités congolaises ».
Il convient de signaler que Didier IIaani Nangaa a été arrêté par Bakotomi Alimu (gouverneur de la province du Haut-Uele) sur ordre des autorités de Kinshasa.
La rédaction