Alerte à Kinshasa : six activistes citoyens signalés arrêtés, enlevés ou portés disparus après la manifestation de l’opposition

Juin 13, 2026 - 11:03
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Alerte à Kinshasa : six activistes citoyens signalés arrêtés, enlevés ou portés disparus après la manifestation de l’opposition

Une vive inquiétude entoure le sort de plusieurs activistes citoyens après la répression de la manifestation de l’opposition organisée ce vendredi 12 juin 2026 aux abords du Palais du Peuple, à Kinshasa.

Selon le bilan provisoire rapporté par l’opposition, la journée aurait été marquée par au moins deux morts, plusieurs blessés, des arrestations et des cas de disparition. Des organisations citoyennes parlent également d’enlèvements et de violences graves contre des militants de la société civile.

Les personnes signalées comme arrêtées, enlevées, violentées ou portées disparues sont notamment Gauthier Kasongo, Best Mulamba, Trésor Muteba, Gloire Buka, Rebecca Tshongo Vikyo et Jean-Pierre Tshileo Mpoyi.

Ces activistes seraient issus ou proches de plusieurs mouvements citoyens, notamment la LUCHA, Biso Peuple, Filimbi, le mouvement citoyen PACTE ainsi que d’autres organisations de la société civile engagées dans la défense de l’espace démocratique.

D’après les témoignages recueillis, certains d’entre eux auraient été identifiés, pourchassés puis appréhendés pendant ou après la dispersion de la manifestation. Des éléments présentés comme appartenant à la Force du Progrès auraient participé à ces opérations, parfois sous le regard ou avec la présence de certains agents de la police.

Selon ces mêmes témoignages, plusieurs activistes auraient été conduits de force vers le siège de l’UDPS, parti au pouvoir, où ils auraient été tabassés, humiliés, menacés ou soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

La situation de Rebecca Tshongo Vikyo est jugée particulièrement alarmante. Elle aurait été violemment battue avant d’être emmenée vers une destination inconnue. Ses proches disent craindre pour sa vie, faute d’information fiable sur son état de santé et son lieu de détention éventuel.

Cette alerte intervient dans un contexte de forte tension politique autour de la proposition de loi sur le référendum et des débats sur un éventuel changement constitutionnel. La manifestation de l’opposition, présentée comme pacifique par ses organisateurs, a été dispersée dans la violence.

Des acteurs de la société civile, dont Jean-Claude Katende et Carbone Beni, appellent les autorités à publier un bilan officiel, à localiser sans délai toutes les personnes portées disparues et à garantir leur sécurité.

Ils demandent également la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement, la prise en charge médicale des blessés, l’identification des personnes décédées et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences rapportées.

Pour la société civile, la priorité est désormais d’obtenir des preuves de vie des activistes portés disparus, de sécuriser les personnes arrêtées et d’empêcher toute disparition forcée.

Les organisations nationales et internationales de défense des droits humains sont appelées à suivre de près cette situation et à exiger des garanties urgentes des autorités congolaises.

LA RÉDACTION