Tshisekedi : « nous avons perdu deux batailles, mais pas la guerre »
Lors d'une journée politique organisée sous le chapiteau de la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Président Félix Tshisekedi a pris la parole devant les membres de sa plateforme politique, l'« Union sacrée », pour faire le point sur la situation actuelle du pays, particulièrement face à l’agression du Rwanda et aux défis internes.
Le chef de l'État a mis l’accent sur l’importance de l’unité nationale, soulignant que la RDC doit être soudée face à l’ennemi extérieur. « Nous appartenons à une seule et unique nation, c'est la RDC. Nous devons surpasser nos égaux, nos élans tribaux et nous unir parce que l'ennemi veut de cette division justement », a insisté Félix Tshisekedi. Il a appelé à mettre de côté les différences tribales et régionales pour lutter ensemble, rappelant que l’unité est la clé pour remporter la guerre contre les envahisseurs.
Sur le front militaire, le Président a évoqué les victoires diplomatiques de la RDC, notamment la reconnaissance internationale de l'agression du Rwanda. En dépit des revers militaires, tels que la perte de Goma et de Bukavu, Tshisekedi a assuré que « nous avons perdu deux batailles, mais pas la guerre ». Il a également souligné que des actes de trahison au sein de l’armée ont contribué à ces défaites, annonçant par la même occasion une refonte totale de l’armée pour renforcer sa professionnalisation et garantir une meilleure prise en charge des forces armées.
Face à la situation complexe dans l’Est du pays, le Président a réaffirmé son refus de tout dialogue avec le M23, qu’il a qualifié de « pantins du Rwanda », ajoutant que toute tentative de négociation avec ce groupe serait une humiliation pour la RDC. « Discuter avec le M23, c’est chercher à nous humilier », a-t-il martelé, tout en précisant que la RDC continue de « déboulonner le système derrière le pillage des ressources naturelles ».
Dans un appel à une mobilisation plus large contre l’agression, Tshisekedi a exprimé sa déception envers l’« Union sacrée » qu’il juge insuffisamment mobilisée pour défendre le pays. Néanmoins, il a salué les efforts de certains leaders politiques, notamment Jean-Pierre Bemba et Christophe Mboso, qui ont su prendre des initiatives sans attendre des instructions officielles.
Le Président a également évoqué la mise en place d’une nouvelle direction pour l’« Union sacrée » dès la semaine prochaine, et ouvert la porte à une coalition nationale autour de lui pour mieux répondre à la crise. Un éventuel gouvernement d’union nationale est en préparation, avec la possibilité d'un dialogue avec des acteurs politiques respectant les engagements pris. « Je veux le dialogue avec les gens qui, lorsqu’on va prendre des engagements, respectent leurs engagements », a affirmé le Président.
Enfin, Tshisekedi a souligné que le Rwanda ne mène pas cette guerre seul, des puissances étrangères étant derrière lui. Ce contexte international complexe ne doit pas décourager la RDC, mais au contraire renforcer la détermination du pays à défendre son intégrité et ses ressources naturelles. Le Président reste convaincu que la RDC finira par triompher de cette agression et retrouvera sa souveraineté complète.
Ce discours a marqué un tournant dans la gestion de la crise actuelle, avec des annonces de réformes et une invitation à l’unité face à l’adversité.