FAO: "Investir dans le secteur des forêts et dans l’agroforesterie c’est contribuer à l’avènement d’économies locales plus diversifiées et plus résilientes"
Face aux différents défis auxquels le monde fait face, notamment sous le plan économique, l'Organisation de Nations pour le Alimentation et l'agriculture présente l'investissement dans le secteur forestier comme une solution à grande échelle pour la relance d'une économie durable.
D'après le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, les arbres et les forêts offrent des solutions ayant un bon rapport coût-efficacité, qui soient équitables et qui puissent être mises en application rapidement. Avec toutes ces qualités, "ils peuvent aider à la relance, à condition que nous reconnaissions leur valeur et le rôle crucial qu’ils jouent dans l’instauration d’économies durables et résilientes", a-t-il déclaré.
Si la dégradation de l’environnement contribue au changement climatique, à la perte de biodiversité et à l’apparition de nouvelles maladies, investir dans les forêts et l'agriculture permet de résoudre les crises que traverse le monde aujourd’hui dans les domaines environnemental, sanitaire et social qui exigent une action urgente en faveur d’une relance durable.
"Il ne peut y avoir d’économie prospère si la planète n’est pas en bonne santé. Investir dans le secteur des forêts et dans l’agroforesterie c’est contribuer à l’avènement d’économies locales plus diversifiées et plus résilientes", insiste M.Qu Dongyu.
Ainsi, le directeur général de la FAO recommande la réorientation des incitations existantes destinées aux producteurs agricoles, et qui se montent à quelque 540 milliards d’USD par an, pour contribuer à rendre plus durables les structures qui déterminent la manière dont l'alimentation est produite, distribuée et consommée. Car, selon lui "plus du quart de la population mondiale se sert de bois pour cuire les aliments et plus nombreux encore sont ceux qui utilisent des produits forestiers non ligneux pour se nourrir, nourrir les animaux et se soigner".
M.Qu Dongyu propose également qu'il y ait investissement dans des domaines tels que le financement de l’action climatique, les programmes de relance verte et l’appui à l’investissement privé.
"Il est indispensable de faire en sorte que les financements parviennent aux petits producteurs et pour cela on ne peut pas compter sur l’effet de ruissellement. Il nous faut des solutions nouvelles qui répondent à leurs besoins et permettent de réduire les inégalités", dit-il.
Aussi, "Nous devons faire davantage pour doter de moyens les agriculteurs, les petits exploitants, les femmes et les jeunes, les peuples autochtones et les communautés locales, dans les zones rurales. Ils sont les gardiens de presque la moitié des forêts et des terres agricoles du monde".
Par ailleurs, pour libérer le potentiel qu’offrent les forêts, trois voies sont à engager, d'après la FAO. Il faut mettre un terme à la déforestation et préserver les forêts pour éviter un volume considérable d’émissions de gaz à effet de serre, à savoir 14 % environ de la réduction qu’il faudra arriver à obtenir jusqu’en 2030 pour maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5 ⁰C, Remettre en état les terres dégradées et développer l’agroforesterie et enfin utiliser les forêts de manière durable et créer des chaînes de valeur vertes pour répondre à la demande future de matières premières.
La FAO se dit déterminée à œuvrer à des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables, et défend la contribution des forêts par la conservation, la restauration et l’exploitation durable.
Il sied de signaler que cette semaine, le Congrès forestier mondial, qui se tient à Séoul en République de Corée, rassemble des représentants venus des cinq continents. Ceux-ci discutent sur les solutions efficaces qui pourraient contribuer à l’instauration d’un avenir vert, sain et résilient, avec les forêts, et à la réalisation du Programme 2030 et des objectifs de développement durable.