Intimidations et persécutions : la famille Nangaa brise le silence dans une lettre ouverte au Président Félix Tshisekedi

Jan 27, 2026 - 07:33
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Intimidations et persécutions : la famille Nangaa brise le silence dans une lettre ouverte au Président Félix Tshisekedi

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Gabriel Baonuku Nangaa, aujourd’hui contraint à l’exil, dénonce avec gravité une série d’intimidations, de menaces, de répressions et de persécutions dont lui-même et l’ensemble de la famille Nangaa seraient victimes depuis l’année 2024.

Une famille plongée dans la peur et l’insécurité

Selon cette correspondance rendue publique, la famille Nangaa affirme vivre depuis plus d’un an dans un climat permanent de peur et d’insécurité, marqué par des actes qu’elle qualifie de systématiques et ciblés.

 Ces répressions, attribuées à des individus et services agissant dans l’ombre, viseraient à priver la famille de ses droits fondamentaux, l’empêchant ainsi de mener une vie paisible sur le sol congolais.

Gabriel Baonuku Nangaa souligne que ces agissements ne relèvent pas du hasard, mais s’inscrivent dans une logique de représailles collectives.

Une stigmatisation liée à Corneille Nangaa

La lettre rappelle que ces persécutions seraient motivées par les actions politiques et militaires de Corneille Nangaa Yobeluo, membre de la famille, accusé d’avoir créé l’AFC-M23, mouvement qui se serait allié à un groupe armé rebelle et révolutionnaire vers la fin de l’année 2023.

L’auteur de la lettre insiste cependant sur un principe fondamental : la responsabilité pénale est individuelle et ne saurait, en aucun cas, justifier des sanctions collectives contre des parents, frères, sœurs et proches qui n’ont pris aucune part aux faits reprochés.

Arrestation et détention de Jean Ruttens Baseme Nangaa

Parmi les cas les plus marquants cités figure celui de Jean Ruttens Baseme Nangaa, cousin et chauffeur de Corneille Nangaa. 

Ce dernier aurait été brutalement arrêté, puis détenu pendant six mois dans un cachot de la DEMIAP, sous les ordres du Général Christian Ndaywel.

Cette détention ferait suite à un procès organisé contre Corneille Nangaa le 22 juillet 2024, une procédure que la famille considère comme entachée d’irrégularités, Jean Ruttens Baseme Nangaa ayant, selon elle, servi de victime collatérale.

Plainte restée sans suite à Isiro

La lettre évoque également une plainte déposée le 15 décembre 2025 par un autre frère Nangaa au Parquet général d’Isiro, dénonçant des tentatives d’envahissement d’une concession familiale.

Jusqu’à ce jour, cette plainte serait restée sans aucune suite, renforçant le sentiment d’abandon et d’injustice ressenti par la famille.

Arrestation arbitraire et transfert à Kinshasa

Toujours à Isiro, la situation se serait davantage détériorée avec l’arrestation arbitraire de Didier Ilani Nangaa, frère de la famille. Celui-ci aurait été interpellé par les autorités provinciales du Haut-Uele, sous la gouvernance de Jean Bakomito, avant d’être transféré à Kinshasa par l’ANR, dans des conditions jugées opaques par ses proches.

Expéditions militaires répétitives à Gombe

À Kinshasa, dans la commune de la Gombe, la famille dénonce une autre forme de pression : des expéditions militaires impressionnantes et répétitives menées depuis 2024 au village Gombe, précisément dans la maison familiale de Papa Joseph Bambitoyobei Nangaa.

Ces opérations, décrites comme intimidantes, auraient semé la panique parmi les habitants et accentué la psychose au sein de la famille.

Un appel solennel au Chef de l’État

À travers cette lettre ouverte, Gabriel Baonuku Nangaa lance un appel solennel au Président de la République, en sa qualité de garant de la Constitution et des libertés publiques, afin que cessent ces pratiques qu’il qualifie d’injustes, illégales et contraires à l’État de droit.

La famille Nangaa réclame la fin des persécutions, la libération des personnes arbitrairement détenues, le traitement équitable des plaintes judiciaires, ainsi que le respect des droits humains, afin que la justice ne soit plus perçue comme un instrument de règlement de comptes familiaux ou politiques.

La rédaction